DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE DE MONSIEUR SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA, PREMIER MINISTRE

DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE

 

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;

Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

Distingués invités, en vos rangs et qualités,

 

Qu’il me soit permis avant toute chose  de vous remercier pour l'accueil que vous nous avez réservé, à moi-même et aux membres de mon Gouvernement.

C’est pour moi un honneur de sacrifier à la pratique démocratique établie par l’article 78 de notre Constitution et de présenter aujourd’hui à l’Assemblée nationale, la Déclaration de Politique Générale qui balise l’action que je serai amené à conduire avec mon Gouvernement.

 

Je me soumets à cet exercice en ayant une claire conscience des exigences et des contraintes du moment, mais avec aussi la ferme conviction que la nation malienne recèle en elle la capacité d'y faire face.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

C’est le lieu pour moi d’exprimer au Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, ma reconnaissance pour la confiance qu’il a placée en moi le 30 décembre 2017, pour conduire l'action du Gouvernement sous son autorité.

 

Je voudrais également rendre hommage à l'ensemble de mes prédécesseurs à ce poste. Ils ont tous donné le meilleur d’eux-mêmes pour le développement et la stabilité de ce pays.

 

Je voudrais aussi, Honorable Président, vous féliciter pour la confiance dont vous avez été investi par vos pairs pour diriger cette haute et prestigieuse Institution. Je suis persuadé que nous nous investirons de concert pour instaurer une saine et franche collaboration entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale.

 

Honorables Députés, permettez-moi également de vous féliciter pour la confiance que le Peuple a placée en vous. En tant que Représentants de la Nation, vous faites entendre la voix de nos populations, vous remontez et vous défendez les attentes exprimées par elles. J’espère pouvoir compter sur votre accompagnement et sur votre appui pour donner satisfaction à ces fortes et légitimes attentes.

 

Je voudrais, pour ma part, vous donner l’assurance que le Gouvernement sera extrêmement attentif à maintenir avec l’Assemblée nationale, des relations de bonne collaboration basées sur la confiance et le respect.

 

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Lors de la session ordinaire du Conseil des ministres du 05 janvier 2018, le Président de la République a fixé des missions au Gouvernement.

 

L’action que le Gouvernement se propose de conduire, si votre auguste Assemblée lui accorde sa confiance, sera fondée sur ces orientations du Président de la République, déclinées en quatre axes majeurs :

 

1.   poursuivre la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ;

2.   endiguer l’insécurité grandissante dans le Centre du pays ;

3.   satisfaire la demande sociale par l’accélération de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales ;

4.   organiser des élections transparentes, crédibles et apaisées.

Profondément convaincu de l’urgence et de l’importance des missions qui nous sont assignées, le Gouvernement entend focaliser son action sur ces quatre axes. Il est conscient du poids des défis qui l’attendent. Qu’il s’agisse de la consolidation du processus de réconciliation nationale, de la restauration de l'autorité de l’Etat, du renforcement du tissu économique, de la prise en charge des nombreux besoins sociaux, le Gouvernement entend s'appuyer sur les acquis qu'il s'agira de consolider et valoriser.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Pour exécuter la feuille de route délivrée par le Président de la République, le Gouvernement se donne une triple vocation : protéger, rassembler et servir.

 

Protéger, parce que nous avons le devoir de gagner la guerre asymétrique qui nous est imposée par le terrorisme et de préserver toutes les valeurs qui fondent notre vivre ensemble.

 

Nous prendrons en charge notre devoir de protection tout d’abord en poursuivant la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Cet Accord représente un vaste chantier de réformes dans les domaines clefs qu'il aborde, notamment en ce qui concerne les questions politiques et institutionnelles, ainsi que les questions de défense et de sécurité. Le Gouvernement dans sa mise en œuvre reste guidé par la nécessité fondamentale de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays, toutes deux largement consacrées par l’Accord et par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO.

 

Compte tenu de l’importance des enjeux et de l'ampleur des réformes induites par l'Accord, mais aussi du retard pris pour diverses raisons dans la mise en œuvre des actions prévues dans l'Accord, il nous est désormais indispensable de faire preuve d’esprit de méthode et de pédagogie pour avancer et surtout rendre les acquis irréversibles. C'est pourquoi, sur la base du chronogramme issu de la 23ème session du Comité de Suivi de l'Accord, le Gouvernement a élaboré une feuille de route signée par toutes les parties prenantes, le 22 mars 2018 qui récapitule une liste d'actions prioritaires dont l'exécution permettra d'imprimer une nouvelle dynamique au processus de mise en œuvre.  

 

Dans cette mise en œuvre, nous ne faiblirons pas dans notre volonté de travailler à l’union et à la cohésion entre toutes les filles et tous les fils du Mali. C’est dans ce cadre qu'il faut situer nos déplacements dans les Régions du Nord, et particulièrement à Kidal pour porter le message de la paix, de l’unité, de la citoyenneté et prêcher le vivre-ensemble.

 

Nous devrions aussi montrer à tous l'urgente nécessité d'une présence de l'Etat partout sur le territoire afin de livrer les services de base auxquels les populations ont droit, en quelque partie de notre pays qu'elles se trouvent. Toutes les parties signataires de l'Accord ont pleinement joué leur partition pour la réalisation de ce premier pas hautement symbolique et absolument nécessaire au renforcement de la confiance. Premier pas qui sera suivi sans tarder par d'autres mesures plus décisives.

 

En définitive, dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du Processus d'Alger, le Gouvernement accordera une attention particulière:

 

-   à l’amélioration du fonctionnement des Autorités intérimaires et des Collèges transitoires en les dotant de moyens financiers et matériels adéquats en vue de la fourniture de services sociaux de base à la population et de leur participation dans l’organisation des élections à venir ;

 

-   ainsi qu’à l’accélération du transfert effectif des compétences et des ressources de l’Etat aux Collectivités territoriales pour l’atteinte de l’objectif de 30% des ressources transférées aux collectivités territoriales en fin 2018.

 

A cet effet, le Gouvernement adoptera dans les prochains jours le décret consacrant le transfert aux collectivités territoriales des services déconcentrés relevant de leurs domaines de compétences.   

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Nous ne nous lasserons jamais de dire que le Gouvernement axera ses efforts sur le rétablissement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, prioritairement dans les Régions du Nord et du Centre. Pour y arriver, nous déploierons des actions décisives pour restreindre, et à terme éradiquer les activités des Groupes Armés Terroristes (GAT), afin de favoriser un déploiement des Forces Armées Maliennes (FAMa), la réinstallation de l’Administration et le retour des réfugiés et des populations déplacées.

 

 

C'est dans ce cadre qu'il faut inscrire le renforcement du personnel de commandement à travers la nomination de préfets et sous-préfets dans plusieurs circonscriptions administratives jusque-là vacantes dans différentes Régions. Cette dynamique se poursuivra pour doter dans les semaines qui viennent les circonscriptions administratives des Régions du Nord et du Centre, particulièrement Kidal, Ménaka et Taoudénit de préfets et de sous-préfets. Ceux-ci sont en effet la colonne vertébrale de l'administration territoriale et l’incarnation de la souveraineté de l'Etat sur le terrain. Leur présence enverra donc aux populations de ces zones le signal clair et sans équivoque du retour de l'Etat protecteur.

 

Quant au redéploiement de l'armée, il se fera de façon progressive, méthodique et résolue. Pour cela, l'armée et les autres forces de sécurité recevront les moyens nécessaires tels que prévus dans la Loi de programmation militaire, qui reste un puissant outil de mise à niveau pluriannuel de notre outil de défense et de sécurité. Ainsi pour l'exercice budgétaire 2018, le budget d'Etat a réservé 22% de nos ressources à la défense et à la sécurité.

 

Ce redéploiement ne retardera pas la réforme nécessaire qui permettra l'adaptation de notre armée et de nos forces de sécurité aux exigences de leur environnement. Un pas important a été fait dans cette dynamique de réforme avec la tenue de l'atelier de haut niveau sur la Réforme du Secteur de la Sécurité auquel ont participé les experts nationaux, ceux de la Minusma et des pays partenaires dans un souci d'appropriation et de partage de bonnes pratiques en la matière.

 

En même temps qu’il sera procédé au redéploiement des forces armées, les Mécanismes Opérationnels de Coordination (MOC), véritable pilier du volet défense et sécurité de l'Accord, seront effectifs là où ils sont prévus d'ici la fin du mois de mai 2018. Nous allons tirer les leçons de la première tentative d'opérationnalisation de celui de Gao. A cet effet, l'Etat mettra à la disposition de chacun des MOC les moyens indispensables aux patrouilles. En outre, les Mécanismes Opérationnels de Coordination seront dotés d'armements conséquents qui en feront de véritables forces dissuasives au service de la paix et capables de relever le défi de la lutte contre le terrorisme et les trafics illicites.  

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

En même temps que nous procéderons à la montée en puissance et en efficacité de nos Forces Armées et de Sécurité, nous allons accélérer le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), qui est un aspect fondamental de l'Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Le Conseil National pour la Réforme du Secteur de la Sécurité, la Commission Nationale de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion et la Commission d'Intégration prévues par l'Accord ont en leur sein les représentants des mouvements armés signataires de l'Accord aux côtés des représentants de l'Etat qui sont à pied d'œuvre pour réussir le DDR.

Il est ici important de rappeler quels seront les bénéficiaires du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR). Il s’agit des ex-combattants affiliés aux mouvements signataires de l’Accord, des ex-combattants relevant des groupes armés non signataires de l’Accord ainsi que d’éléments de groupes d’autodéfense qui renoncent à la violence dans le cadre du processus de dialogue et d’apaisement entamé depuis le mois de février dans le Centre.

 

Le processus DDR a déjà commencé avec la formation des chefs de base et les responsables des mouvements armés dans les Régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit et Ménaka. Tous ont été initiés à l'enregistrement des combattants et de leurs armements en vue de leur dénombrement et de leur identification précise pour les besoins du DDR et du contrôle des armements. Cet exercice qui a débuté en Février dernier a bénéficié de l'accompagnement de nos partenaires comme la MINUSMA et Barkhane. Il est important d’indiquer que sur le terrain il s’est appuyé aussi sur la pleine coopération des mouvements armés.

 

En ce qui concerne l'intégration, il faut souligner que nous avons résolu une question qui a fait longtemps débat. En effet, le consensus a été obtenu sur les critères d'intégration dans les différents corps et sur les principes d'éligibilité au programme de réinsertion.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Notre vocation de protection nous fait aussi porter une attention toute particulière aux victimes civiles et militaires des conflits. L’importance accordée à la démobilisation des ex-combattants ne nous fait pas oublier notre devoir de solidarité et d’assistance envers ceux qui se retrouvent dans le dénuement et dans la détresse.

 

Ainsi, des projets de réinsertion sont prévus pour les communautés victimes de violences. De même, un volet spécial d’assistance concernera les familles des militaires tombés au champ d’honneur. C'est dans ce cadre qu'il faut situer l'opérationnalisation de la Fondation pour la Solidarité créée par la loi et le paiement d'indemnités aux ayants droit de soldats tombés au champ d'honneur.

 

Les victimes civiles employées de l'Etat, notamment les préfets et sous-préfets qui ont perdu la vie lors des regrettables évènements de Kidal en 2014, bénéficieront elles aussi du dispositif de solidarité ainsi mis en place. En outre, et toujours pour marquer la reconnaissance de la nation toute entière envers ses fils qui ont fait le noble et difficile choix du métier des armes, il est mis en place un dispositif de pupilles de la nation pour prendre en charge les enfants mineurs des soldats tombés au front. Ces enfants se verront notamment assurer la couverture de leur scolarité jusqu'à leur majorité.

 

A court terme, un quota important des logements sociaux en voie de finition sera réservé aux ayants droit au cours de la prochaine distribution.    

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Dans notre mission de protection, et conformément aux instructions du Président de la République, nous déployons des efforts particuliers pour endiguer l’insécurité dans le Centre du pays. Le Gouvernement a déjà initié des réponses rapides et concrètes pour contrer aussi bien la montée du banditisme que l’extension des menaces terroristes dans cette partie du territoire national.

 

Vous ne l’ignorez pas, l’insécurité dans cette région se manifeste à travers la présence de bandits et de terroristes qui non seulement harcèlent nos forces de défense et de sécurité, mais également des attaques ciblées, des vols de bétail, des braquages de véhicules de transport de forains et de voyageurs. Le Gouvernement procédera donc à une rapide et véritable normalisation de la situation. C'est dans ce cadre que nous avons entamé le renforcement de l'effectif militaire sur le terrain à travers l'opération DAMBE qui aujourd'hui mobilise plusieurs milliers d'hommes.

 

Nous allons continuer à accroitre cette présence dissuasive pour qu'aucune partie de la zone ne soit laissée vacante et ne permette à des groupes terroristes de s'installer sur la durée. Cette présence physique sera accompagnée d’une forte mobilité de nos troupes, mobilité facilitée par d'importants moyens logistiques dont DAMBE sera dotée. La mutualisation des moyens de l’Opération « DAMBE » et du Plan de Sécurisation Intégrée des Régions du Centre, notamment la création de plusieurs dizaines de postes de sécurité qui a commencé et se poursuivra, permettra d’amplifier la pression sur les groupes terroristes et d’obtenir des résultats tangibles avant l’hivernage.

 

Cependant, et ainsi que j’ai eu à le souligner aux forces vives avec lesquelles j’ai échangé lors de mes tournées, le combat contre l’insécurité est arrivé à un point crucial. Il nécessite désormais que tous acceptent de s’y impliquer. En effet, la traque engagée par nos forces armées et de sécurité ne laisse le plus souvent aux terroristes et aux bandits de grand chemin d’autre alternative que celle de tenter de se fondre dans la population. C’est pourquoi le concours de la population nous est indispensable pour éradiquer définitivement un péril qui a prélevé à ce jour un tribut humain, social et économique très lourd.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Le Gouvernement s’est donné comme deuxième vocation de rassembler les Maliens. Le Président de la République dans son adresse du Nouvel An à la Nation le 31 décembre 2017 a déclaré (je cite), « aucune crise de l’ampleur et de la complexité de celle que nous affrontons ne se résorbe par des solutions purement sécuritaires. La paix ne se maintiendra et ne se fortifiera que si se renforce aussi l’entente nationale » (fin de citation).

Ainsi que l’a diagnostiqué le Chef de l’Etat, les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être relevés dans un climat de dissension permanente. Il est donc de la mission du Gouvernement de conduire un certain nombre d’initiatives concourant à la réconciliation et à l’apaisement. La première de ces initiatives constitue une prise en charge des instructions présidentielles. Elle concerne la rédaction d’un projet de loi sur l’Entente nationale, proposant des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite en faveur de certains acteurs.

 

Le texte, qui sera sous peu sur la table de l’Assemblée nationale, s’inscrit dans la droite ligne des résolutions de la Conférence d’Entente Nationale et de la Charte issue des travaux de cette Conférence. Il a bénéficié pour son élaboration du précieux concours du Médiateur de la République qui nous a remis le 06 mars dernier une proposition d’avant-projet de loi. Je tiens à exprimer à cet égard notre reconnaissance au Médiateur de la République pour sa contribution avisée.

 

Nous n’ignorons pas les appréhensions et les inquiétudes autour du projet de Loi. Aussi nous paraît-il indispensable de rappeler certains principes essentiels qui ont présidé à son élaboration. Le projet de loi offre une possibilité de pardon uniquement à ceux qui se sont laissés entrainer dans la contestation armée, mais qui n’ont pas commis l’irréparable et qui manifestent un repentir sincère. Ainsi les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes sexuels et tout autre crime réputé imprescriptible sont exclus du champ d’application du texte. En outre, tout acteur de la crise de 2012 qui souhaite bénéficier des mesures spéciales d’amnistie ou de cessation de poursuite doit se présenter personnellement devant les autorités compétentes pour reconnaître librement les faits qui lui sont reprochés, s’engager à ne plus y recourir et rendre les armes éventuellement en sa possession.

 

Les dispositions proposées excluent donc aussi bien l’instauration d’une prime à l’impunité que la possibilité d’un pardon accordé de manière indistincte. Le Gouvernement, pour sa part, procédera à des démarches d’information et de concertation auprès de tous les acteurs de la vie publique afin qu’aucun malentendu ne s’installe au sein de notre opinion nationale quant au contenu du projet de loi.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Le travail de rassemblement et d’apaisement que le Gouvernement entame concerne aussi de manière spécifique les acteurs de la situation au Centre de notre pays. Nous y avons initié un processus de dialogue de proximité ouvert à tous ceux qui renoncent à la violence. Ce processus est appuyé par un facilitateur professionnel, neutre et expérimenté, en l'occurrence le Centre Henri Dunant pour le Dialogue Humanitaire (HD). Cette Fondation conduit le même processus au Burkina Faso et au Niger, permettant ainsi une synergie d'action dans la mesure où nous partageons avec ces pays frères et voisins le même espace soumis aux mêmes défis et aux mêmes facteurs de menace sécuritaire.

Je tiens à le répéter, les violences intercommunautaires qui surgissent dans les Régions du Centre de notre pays sont loin d'être spontanées. Lorsque les forces du mal n'en sont pas les instigatrices, elles essaient d'en tirer profit. Le Gouvernement privilégie la voie du dialogue pour dénouer les tensions. C'est pourquoi, il a dépêché sur place une mission d'apaisement à laquelle ont participé les cadres des différentes communautés de la zone. Les élus des localités concernées se sont aussi largement impliqués pour circonscrire cette violence qui n'a pas sa raison d'être entre des communautés dont le vivre-ensemble en paix est séculaire, voire millénaire.

 

Parallèlement à ces actions d'apaisement, nous déploierons des initiatives susceptibles d’empêcher les jeunes de s’engager dans les rangs des djihadistes et d'aider ceux qui veulent en sortir de s'y soustraire. Nous le ferons en nous appuyant sur différents leaders sociaux et communautaires. Ces partenaires nous aideront à poursuivre et à intensifier les actions de sensibilisation, d’information et de « déradicalisation ».

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Le troisième axe du travail de rassemblement et d’apaisement du Gouvernement est relatif au processus électoral. Nous nous sommes donné comme objectif l’organisation d’élections transparentes, crédibles, apaisées et à bonne date.

 

A cet égard, nous prenons les mesures nécessaires pour fédérer toutes les bonnes volontés désireuses de s’impliquer en faveur d’un déroulement apaisé des élections. C'est dans ce cadre, que j’ai rencontré tous les acteurs concernés par le processus électoral. C’est dans ce cadre également que se situe la redynamisation du cadre de concertation entre le Gouvernement et les acteurs politiques que sont les Partis.

 

Les échanges ont permis de proposer un projet de loi électorale prenant en compte l'essentiel des propositions d'amélioration du processus électoral, à savoir la réintroduction des cartes d'électeur avec photo pour faciliter la reconnaissance des votants, la limitation du phénomène des votes par procuration, la suppression des votes par anticipation, la fixation d'un nombre minimum d'électeurs pour ouvrir un bureau de vote.

 

Ces innovations doivent rassurer aussi bien les électeurs que les compétiteurs. Elles montrent notre détermination et notre bonne foi à réaliser des élections correctes, conformes aux souhaits de toute la classe politique et aux instructions du Président de la République. Le Gouvernement maintiendra, voire accentuera ses efforts sur un meilleur fonctionnement des principaux cadres de concertation et de suivi du processus électoral. Cela afin de prévenir les mésententes et de trouver des consensus raisonnables sur toutes les difficultés d’importance qui seront décelées. Il assurera également un suivi adéquat du cadre institutionnel de pilotage des élections.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Les élections nécessitent un environnement sécurisé. C'est pourquoi, le Gouvernement prendra toutes les mesures qui s’imposent pour une amélioration de la situation sécuritaire dans tout le pays. A cet effet, je puis vous assurer que les Forces Armées et de Sécurité joueront pleinement leur rôle pour que nos concitoyens puissent accomplir leur devoir civique dans la sérénité.

 

Mais au-delà des mesures nécessaires prises par le Gouvernement pour une bonne organisation des élections, l’implication de tous les acteurs est indispensable pour que les compétitions électorales se déroulent dans un environnement apaisé. L’avenir de notre nation, chère à nous tous, dépend de l’esprit de raison que chacun de nous observera pour le plus grand bénéfice de la stabilité de notre pays et de la qualité de notre démocratie

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